| Agence Télégraphique Suisse (ATS) II |
«Nous avons gagné en respect»SUISSE • De jeunes Israéliens et Palestiniens ont parlé réconciliation. Et massé les coeurs. Vingt jeunes chrétiens israéliens et palestiniens se sont rencontrés en Suisse durant une dizaine de jours pour tenter de briser leurs stéréotypes. A l’occasion de visites et activités sportives, ils se sont trouvé des similitudes insoupçonnées. Invités à Arzier (VD) par l’association Portes Ouvertes, ils ont réfléchi à des voies de réconciliation. Ils ont également découvert des lieux aussi divers que le Val de Travers, la ville de Berne ou la chocolaterie Cailler à Broc. «J’ai été surpris de constater à quel point ces adolescents étaient faciles à vivre», a déclaré Marc Frei, responsable suisse du camp. Symboliquement, une de leurs premières activités a consisté à pratiquer le massage cardiaque, afin d’«apprendre concrètement à sauver une vie», qu’il s’agisse d’un Palestinien ou d’un Israélien. Bien qu’unis par la même foi chrétienne, les stéréotypes n’en sont pas moins vifs entre les deux communautés. Surprises sur la routePar contraste avec la Suisse et ses coutumes, pays neutre «idéal» pour l’organisation d’un tel événement, les jeunes ont néanmoins réussi à se trouver des traits culturels communs. «La manière de conduire, par exemple», répond du tac-au-tac Dima, Israélien âgé de 16 ans, immigré de Russie. «Tant les Palestiniens que les Israéliens sortent rapidement des grossiéretés au volant, alors qu’ici on ose à peine appuyer sur le klaxon», constate l’adolescent. Au fil des rencontres, les stéréotypes se brisent: lui-même trouve par exemple que les Palestiniens ont plus de respect pour les personnes âgées qu’il n’en voit en Israël. A la sortie d’une rencontre à Berne, les jeunes se brassent allègrement. «Toutes les jeunes Israéliennes et Palestiennes se retrouvent dans les mêmes magasins de mode, alors que les jeunes garçons prennent des clichés des bolides visibles au centre-ville», rigole Tamara Kuttab, jeune Palestinienne de l'association Musalaha (réconciliation), qui coorganise la visite. La résidante de Bethléem a notamment participé au recrutement des adolescents, qui, d’un côté comme de l’autre, «sont issus de toutes les couches sociales». Elle ne cache pas qu’il faut «plusieurs étapes» pour parvenir à briser les clichés. «La réconciliation ne veut pas forcément dire être d’accord sur tout.» Une défaite honorableLa coordinatrice considère que le plus grand obstacle vers la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens est la A leur retour, les adolescents espèrent conserver les liens noués en Suisse, malgré les barrières de sécurité, grâce notamment à des réseaux comme Facebook. Et beaucoup souhaitent voir la réréédition d’un tel voyage de réconciliation dans les années à venir. Des camps similaires sont organisés depuis une vingtaine d’années au Proche-Orient. Selon Portes Ouvertes, ils ont eu «des répercussions positives dans la société». C’est la première fois qu’un tel camp se déroule en Suisse. ATS A leur retour, les adolescents espèrent conserver les liens noués en Suisse, (ats / 29 août 2010) Cette dépêche a été reprise par plusieurs médias romand.
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